Nous avions pris l’habitude de ne pas poster ici de texte qui puisse être considéré comme hors de notre coeur de métier ; Il y a des blogs personnels pour cela. Toutefois, il arrive un moment où, devant un tel amas d’inepties, la lassitude s’installe… au point de devoir sortir un peu d’une ligne éditoriale -peut-être trop – Corporate.
Nous avons pu profiter d’une intervention très éclairée d’une Experte en Trucs 2.0, dans le cadre de l’excellente (et cette fois, je ne suis pas ironique!) émission de Stéphane Soumier sur BFM : Good Morning Business.
Le sujet était : Second Life et le e-Commerce.
A l’écoute donc de cette intervention, on apprend que les résidents sont tous la pour faire de l’argent (la communauté appréciera), que la plate-forme échappe à tout contrôle (Linden Lab appréciera) et que le e-Commerce pourra se développer peut-être un jour dans le successeur de Second Life (Et là, c’est la Communauté, Linden Lab, l’ensemble des acteurs du marché et bien-sûr, nous, qui pourront apprécier).
Depuis des mois, nous expérimentons avec Sofinco (mince, c’est une marque qui a dû oublier de partir !) une solution de e-Commerce dans Second Life qui donne des résultats remarquables, apportant une expérience en ligne d’une qualité inédite par le simple fait d’avoir remis des êtres humains au coeur de la relation commerciale. Nous avons ainsi proposé des ventes de vin, de vêtements, de chocolats, de voitures (!!), de produits High-Tech, de mobilier, etc… Tous ces produits ne sont pas virtuels mais bien réels, payés en ligne et livrés chez vous, comme dans tout modèle économique de e-Commerce.
Sur les premières opérations que nous avons réalisé, à la fois le taux de transformation et la taille du panier moyen étaient à des années lumières des standards. La raison en était simple : un vendeur était présent véritablement, pour aider, conseiller… et bien-sûr, vendre.
Nous avons ensuite changé le format, toujours dans une recherche de la meilleure approche, ce qui a dégradé les performances commerciales, mais renforcé l’attractivité du principe, appuyée sur la notion de Social Shopping. La dernière vente en date, en présence des commerçants, a eu lieu hier soir et la prochaine aura lieu Jeudi prochain… Notez que le dispositif est actif en permanence et vous pouvez donc aller faire votre shopping à tout moment, même si les commerçants ne sont pas présents.
La version que nous sortirons dans quelques temps va réunir le meilleur de tout ce que nous avons appris sur ces deux approches différentes pour proposer un dispositif fonctionnel, stable et abouti.
Bien-sûr, les chiffres d’affaires générés sont ridiculement bas en comparaison du Web, car oui, effectivement, l’audience Française dans Second Life n’a pas une taille suffisante pour être considérée comme un marché de masse. Toutefois, plus de 6000 résidents de Second Life ont créé un compte RIL Shopping, en connaissance de cause. Je crois que des magasins se montent, en France, dans des villes de « 6000 habitants » et y sont rentables, pour peu qu’ils fassent leur métier de commerçant à savoir apporter des produits ou des services, des conseils, de la valeur… le tout à des tarifs normaux.
Pourquoi cela ne ferait-il pas de sens sur un territoire similaire, même numérique, alors que l’implantation d’un magasin doit coûter 10 fois moins cher que sur un territoire physique ?
Nous sommes une petite entreprise mais faisons d’énormes efforts pour évangéliser le marché, expliquer, convaincre… et les interventions « d’Experts en tout » viennent ruiner très régulièrement ces efforts, insultant et humiliant par la même occasion tous ceux qui travaillent dur pour faire avancer des projets innovants, que ce soit les équipes techniques de Immersive Lab ou de nos confrères, que ce soit tous les commerçants qui nous ont fait confiance en s’investissant dans RIL Shopping, bien-sûr, mais également nos clients Entreprises qui sont toujours impliqués et investis dans Second Life (contre l’avis des « Consultants ») tout comme l’ensemble des résidents, individuels ou en association, qui portent des projets de valeurs, culturels, politiques, caritatifs, artistiques, communautaires, sociaux… depuis des mois voir des années. Ces derniers le font sans le moindre espoir ni la moindre volonté de gagner un euro malgré une implication que d’autres considéreraient comme un job à temps plein.
Mon cher Stéphane,
J’adore votre émission parce que vous y êtes impertinent et ne vous laissez pas embarquer par vos invités, posant les questions que l’on se pose vraiment pour essayer d’aller au fond des choses. Je comprend que le sujet ne soit pas facile à aborder quand on est sur autant de fronts économiques que vous, mais j’ai bien peur, cette fois, que vous ayez pris quelques banalités affligeantes pour argent comptant.
Les « Experts en Tout » sont décidément très fatigants et… nuisibles.
A ceux qui parlent, nous préférons définitivement ceux qui font.
20 mars 2009, 20 h 13 min
Les « experts » sont souvent négatifs sur le futur de n’importe quoi (surtout quand ils n’y connaissent rien) car la probabilité de succès de n’importe quoi est, au mieux, de 20%. Donc, si vous ne connaissez pas un sujet, faire « Pfff, ça marchera jamais… » c’est l’assurance d’être dans le vrai 8 fois sur 10… et ça fait de vous un « expert » avec, maintenant, une prédiction vérifiée! Whohoo!
Blague à part, ce qu’on entend en ce moment sur les mondes virtuels (SL et autres) est *exactement* ce qu’on entendait sur le web en 1994: que du porno, c’est moche, c’est plein de script kiddies qui n’ont rien à dire, les infos ne sont pas fiables, je ne sais pas m’en servir, « ma grand mère n’utilisera jamais un truc comme ça », etc… C’est plutôt bon signe!
20 mars 2009, 21 h 04 min
Merci de ton commentaire Philippe.
Venant de toi, cela nous fait particulièrement plaisir.
Je partage tes deux points de vue (c’est à dire même le trait d’humour sur les « experts » !). Nous arrivons, globalement, à convaincre les personnes que nous rencontrons… Il faudrait d’ailleurs qu’ils soient aveugle pour ne pas voir l’intérêt. Mais quand ce genre de fausse vérité est assénée, avec le tampon de l’expertise validé par le fait de passer sur un grand média, la très grande majorité des auditeurs n’auront pas l’occasion d’aller vérifier les dires, ni même la possibilité. Donc toutes ces bêtises seront prises pour vérité…
Le Web a explosé sur le public en 1996. Si nous en sommes à un équivalent de 1994, cela signifie qu’il nous reste plus que deux ans avant de voir enfin la lumière. Tu as raison, c’est plutôt bon signe
20 mars 2009, 22 h 10 min
A mon avis, tu aurais surtout dû être ironique et critique vis-à-vis de l’émission que tu mentionnes. Des gens qui parlent de ceci ou de cela, tu en trouveras toujours… La responsabilité en incombe donc d’abord à ceux qui leur en donnent l’opportunité.
20 mars 2009, 22 h 40 min
@Wangxiang : Je ne suis pas d’accord. Le journaliste pose des questions et les réponses engagent celui qui les donne. Si le journaliste était un expert, il ne poserait pas les question mais y répondrait directement.
En fait, cette interview ressemble à une fenêtre d’exposition décrochée par une boite de RP. On nous a souvent proposé d’intervenir sur des sujets qui sortent de notre scope, ce que l’on refuse en général. C’est vrai que c’est tentant car on sait tous que les RP sont de bons moyens de communiquer. Passer dans une émission de cette qualité (je maintiens ce que j’ai dit) est la garantie pour une entreprise d’avoir un gros impact commercial derrière.
En gros, cela relève du : « On a quelqu’un qui pourrait parler de ça ? Parce qu’un journaliste fait un article dessus et ses papiers sont très lus ». C’est comme ça qu’un Expert en Pizzas devient un Expert en Tartiflette.
20 mars 2009, 23 h 21 min
Le journaliste choisit le thème, il choisit à qui il pose les questions, il choisit les questions… Si le résultat est minable, d’où cela, à ton avis, cela peut-t-il provenir?
22 mars 2009, 19 h 32 min
je ne vais pas défendre l’artisanat que je représente, vous le faites pour moi merci, simplement l’IDATE me semblait une autorité indépendante suffisante pour un court éclairage. Je ne pense pas que soyez d’autre part à ce point en désaccord, simplement votre engagement vous met à fleur de peau, expérience que je découvre grace à vous et qui pourrait diablement interesser les auditeurs de BFM comme nouvelle expérience e-commerce. Si vous pouvez m’envoyer des coordonnées, je pense qu’une petite itw serait la bienvenue. Ce sera fait dans les mêmes conditions artisanales que tout le reste, n’en déplaise au pseudo impossible
bonne journée
22 mars 2009, 23 h 46 min
Il est à croire que les journalistes ne savent que mettre les pieds dans le plat !
- Bon, au delà de cette petite impertinence, je rejoins tes regrets, P.O. Cependant, je ne jette pas la pierre à Stéphane Soumier dans la mesure où il n’est pas un expert des mondes virtuels (d’ailleurs, est-ce que cela existe?). Dès lors, rechercher une autorité réputée fiable est une preuve de bon sens, et on ne peut pas le tenir pour responsable du défaut de connaissance de la personne de l’IDATE qui est restée de façon scandaleuse dans de l’expertise de bar PMU.
On avait eu le même type de réaction avec la direction du plus gros groupe de presse FR qui nous avait littéralement jeté au visage que Second Life était « un jeu pour schizophrènes et pervers ».
Notre conclusion a été de nous dire que malgré la pénétration croissante des nouvelles technologies, la résistance au changement reste un frein des plus actuels. A notre charge de démontrer la pertinence de tout cela.
30 mars 2009, 15 h 32 min
Je ne comprends pas bien ce qui vous a chiffoné dans cette chronique de Stéphane Soumier.
Il me semble que rien de ce qu’à dit ctte intervenante n’était faux. Elle a peut-être un peu caricaturé le trait (vous caricaturez vous même le trait en la citant à votre tour), mais dans l’ensemble elle va complètement dans votre sens ! « second life préfigure le e-commerce de demain » (c’est faux ?) « une nouvelle forme d’achat et de vente en ligne » (c’est faux ?), « on est sur un activité économique plus que sur un réseau social » (c’est faux ?)
Pour une chronique de vulgarisation elle est parfaite. Et cette chronique a le mérite de remettre sur le devant de la scène un second life en désaffection médiatique…
non ?
30 mars 2009, 15 h 39 min
[...] Quand les “Experts en Tout” nous fatiguent… [...]
30 mars 2009, 15 h 52 min
@Stéphanie : Je vous invite à relire ma note et vous y trouverez ce qui nous « a chiffonné ». En faisant une recherche sur le web, vous trouverez 4 ou 5 blogs de confrères ou de résidents qui ont globalement ressenti les mêmes choses.
Elle a d’ailleurs reconnue elle-même sur un blog qu’elle était passé à coté du sujet et déplorant l’éventuel impact négatif que cela avait pu avoir sur le secteur, ce qui est tout à son honneur. Je ne cite pas le blog en question car nous n’avons justement pas souhaité nommer la consultante en question et lui, qui connaît également très bien le sujet, l’a fait dans une note qui décrivait très bien notre désarroi.
Je ne sais pas si nous l’avons, à notre tour, caricaturée en la citant, mais je vous invite à écouter à nouveau son intervention : Si 01Net a effectivement et fort justement titré que Second Life préfigure le e-Commerce de demain, ce n’est vraiment pas ce qu’elle a démontré dans ces propos.
Après, je ne souhaite clairement pas faire une affaire de ce qui finalement n’est qu’anecdotique. Elle n’a pas rempli le vase mais n’a été que la goutte d’eau qui l’a fait déborder.
01 avril 2009, 3 h 00 min
[...] énervement d’entendre une nouvelle fois des inepties sur Second Life, j’avais posté une note un peu agacée sur le site de Stonfield InWorld et carrément pas content ici [...]